URSCOP Rhône-Alpes, COOP de France et la CRESS Rhône-Alpes s’associent pour l’organisation d’un événement

vendredi 13 juillet 2012.
A l’occasion de l’année internationale des coopératives et de la préparation d’un événement prévu le 30 octobre prochain, 3 questions ont été posées à Guy Babolat, Président de l’URSCOP, Jean de Balathier, Directeur de Coop de France Rhône-Alpes Auvergne et Denis Colongo, secrétaire Général de la CRESS Rhône-Alpes.

1- 2012, année internationale des coopératives, 1 ministre délégué à l’économie sociale et solidaire, quels sont vos attentes et vos objectifs pour cette année ?

Guy Babolat (GB) : L’ONU et le Gouvernement français nous envoient deux signes forts de reconnaissance : reconnaissance de la contribution des coopératives au développement économique et social de par le monde ; reconnaissance du rôle majeur de cet autre modèle d’entreprise pour la création d’emplois en France. A notre échelle, la nomination de M. Benoît Hamon, son rattachement au Ministère de l’Economie et des Finances, l’annonce de l’inscription dans la loi du droit préférentiel de reprise par les salariés et la mise en place d’outils de financement spécifiques ou réservés répondent à notre réalité terrain. 41 nouvelles Sociétés Coopératives se sont créées en 2011, en Rhône-Alpes, dont près de la moitié sont des reprises par les salariés, ce sont 228 emplois créés ou sauvegardés. Avec 322 Sociétés Coopératives en 2012, nous enregistrons une progression de + 30% de SCOP en Rhône-Alpes en 5 ans.

Jean de Balathier (JDB) : Nous souhaitons que cette année 2012 mette en lumière le modèle coopératif, un modèle d’entreprise fondé sur l’Homme et les valeurs, qui représente en France 60% de la production agricole et 40% de l’agroalimentaire ! Les réussites de la coopération agricole sont mal connues du grand public et pourtant derrière de nombreuses marques se cachent des coopératives : Candia, Yoplait, D’Aucy, Francine, Pains Jacquet, Beghin say ou Daddy sucre pour n’en citer que quelques unes. Coop de France salue la création d’un ministère délégué à l’ESS, auprès du ministre de l’économie et des finances. C’est la reconnaissance de la contribution significative de l’ESS et particulièrement des entreprises coopératives à l’économie du pays. Nous attendons bien sûr des mesures concrètes en faveur des entreprises coopératives.

Denis Colongo (DC) : La décision de l’ONU de consacré 2012 comme année internationale des coopératives revêt une importance singulière notamment au regard des fortes interrogations qui se portent sur l’économie mondiale. Outre le fait que l’ONU reconnait ainsi « la contribution des coopératives pour le développement économique », ce qui déjà fut le cas avec la recommandation de l’OIT sur la promotion des coopératives en 2002, par cette démarche l’ONU entend sensibiliser les états nationaux pour agir sur le champ de l’action publique « pour favoriser la création et le développement des coopératives ». Aussi la création récente d’un ministère délégué à l’ESS, rattaché au ministère de l’économie constitue t-elle un facteur important pour initier une politique économique de développement de l’ESS et par suite des coopératives comme force contributrice importantes à cette dernière.

2- Un projet d’événement est en cours d’élaboration pour l’année 2012 articulé autour d’un partenariat entre URSCOP, COOP de France et la CRESS Rhône-Alpes, que signifie pour chacun de vos réseaux ce partenariat ?

GB : Nous tenons particulièrement à donner de la résonance à l’année internationale des coopératives par un évènement régional, qui regroupe toutes les familles de la coopération en Rhône-Alpes. Ce 30 octobre, nous souhaitons que la richesse, la diversité et la modernité des entreprises coopératives soient mises en avant. Les Scop, bien sûr, mais aussi les Coopératives agricoles, banques coopératives, coopératives d’artisans, de commerce associé ou de logement. Il faut profiter de cette occasion de mettre en avant ce monde coopératif et ses réponses à de grands enjeux du moment comme le produire en France ou la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

JDB : Coop de France Rhône-Alpes Auvergne réalise chaque année une conférence avec la CRMCCA ( : Confédération Régionale de la Mutualité, de la Coopération et du Crédit Agricole. Elle regroupe au niveau régional la MSA, GROUPAMA, Coop de France et le Crédit Agricole.). Pour 2012, le thème était tout trouvé ! Cependant, nous avons souhaité nous associer avec l’URSCOP et la CRESS pour affirmer l’appartenance de la coopération agricole à l’ensemble du mouvement coopératif et communiquer ensemble pour être plus fort.

DC : Le 30 octobre nous avons effectivement en projet une soirée portant sur la promotion et la valorisation de la coopération dans toutes ses dimensions. Ceci pour marquer la fin de l’année internationale et pour s’inscrire dans l’édition 2012 du Mois de l’économie sociale et solidaire. Par sa participation, la CRESS Rhône-Alpes entend ainsi marquer au côté des représentants du monde coopératif, l’importance qu’elle accorde à cette « famille de l’ESS » ; une famille historique et toujours porteuse de devenir.

3- Quelle est l’importance des coopératives pour l’économie sociale et solidaire ?

GB : L’ESS, c’est la famille des coopératives. Nous avons en commun avec les autres membres de cette famille, une histoire, des principes, des valeurs, des intérêts ... Mais au sein de cette famille les coopératives ont une identité particulière. De la banque à l’agriculture, de l’industrie à l’audiovisuel, en passant par la formation ou les services sociaux, les coopératives concernent 3 milliards d’adhérents dans le monde et fournissent 100 millions d’emplois, soit 20% de plus que les multinationales. En France, on compte 21 000 entreprises pour 24 millions de membres et près d’un million de salariés. Des chiffres qui prouvent que la démocratie réussit aux coopératives, qui... ne sont pas des entreprises comme les autres mais comme les autres, sont bien des entreprises. C’est pour cette raison, je crois, que les coopératives ont un rôle majeur à jouer au sein de l’Economie Sociale et Solidaire.

JDB : Le slogan « Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur » adopté par l’ONU pour cette année internationale des coopératives veut rappeler à la communauté internationale qu’il est possible d’atteindre à la fois la viabilité économique et la responsabilité sociale. Face aux dérives du capitalisme financier et de l’ultra-libéralisme , Coop de France veut promouvoir un « capitalisme coopératif » **, une autre façon d’entreprendre, qui s’enracine dans l’histoire de la coopération agricole née après la grande crise des années 1930 et reste résolument moderne pour défendre le revenu des producteurs dans un contexte mondialisé. En Rhône-Alpes, la coopération agricole, se sont 350 entreprises, présentes dans tous les secteurs de la production agricole et dans l’agroalimentaire, réalisant un chiffre d’affaire de 5.4 milliards d’euros. Près de 8 agriculteurs sur 10 adhèrent à une coopérative agricole.

DC : Tout d’abord la coopération est l’une des composantes historiques les plus anciennes de l’ESS. Puisque nous sommes en Rhône-Alpes, rappelons la création du « commerce véridique et social » en 1835. L’importance de la coopération pour l’ESS réside dans les secteurs d’activités où elle est présente : activités financières, industrie, service aux entreprises, agriculture et agro-alimentaire. Elle contribue aussi fortement à promouvoir l’ESS comme acteur du développement économique représentatif d’une forme d’entrepreneuriat collectif et performant. A titre d’exemple, au regard de l’enjeu que représente la question industrielle en France, le dossier relatif à la reprise d’entreprise par les salariés sous forme de société coopérative et participative revêt pour l’ESS une dimension stratégique fondamentale. Les futurs efforts du ministre délégué à l’ESS en relation avec celui du redressement productif et ceux déjà portés en Région Rhône-Alpes avec notamment la création de TRANSMEA, témoignent d’une volonté partagée entre acteurs publics et acteurs de l’ESS pour aboutir à des solutions probantes en ce domaine.