3 questions à Guillaume Lacroix, chargé des affaires économiques, des aides aux communes et de l’administration générale

jeudi 31 mars 2011.

Quel est l’intérêt porté par le Conseil Général de l’Ain à développer l’ESS sur son territoire ?

Le Département de l’Ain réaffirme que ce secteur est une voie de développement économique à part entière, à la fois alternative concrète et durable. Il reconnait aussi l’importance de l’économie sociale et solidaire tant pour la richesse créée que les valeurs qu’elle porte. L’ESS s’avère également un levier fort d’ancrage territorial. Les entreprises de l’économie sociale continuent de montrer une très grande résistance face à la crise et ne sont pas délocalisables. C’est vrai que l’Ain bénéficie d’une économie attractive et dynamique avec des pôles industriels et technologiques de pointe et reste le premier département en matière d’emploi industriel salarié. Pour autant la période de crise a mis en lumière la vulnérabilité de la structure économique départementale et l’élasticité élevée du taux de chômage. Par sa réactivité et les solidarités qu’elle met en œuvre, l’ESS constitue en effet, dans l’Ain, une réponse immédiate aux conséquences de la crise pour tendre vers une économie plus solidaire, plus équitable, plus responsable. Le poids de l’économie sociale et solidaire (ESS) reste encore faible sur le département. Et l’ESS est inégalement développée sur le territoire. Elle constitue donc un secteur à fort potentiel, où les besoins sont immenses, notamment en matière d’aide et de service à la personne.

Comment s’effectue le travail avec la CRESS RA ?

La CRESS RA est un centre de ressources particulièrement utile et efficace. Le dialogue avec la CRESS nous a permis de rendre plus pertinent encore le dispositif d’accompagnement de cette filière d’activité. Nous démontrons qu’il est possible de développer sur un département une politique complémentaire à celle, déjà performante de la Région, en cultivant ce qui fait la force et la légitimité des Départements : la proximité et la réactivité.

Quels sont les prochains projets du Conseil Général concernant l’ESS en 2011 ?

L’Assemblée a voté en décembre 2010 le premier dispositif en Rhône-Alpes de développement de la filière de l’économie sociale et solidaire à l’échelle d’un Département. Notre objectif est à la fois de conforter la filière par des actions de communication qui fédèrent les acteurs départementaux et qui font découvrir les potentiels de ce type d’économie aux porteurs de projets. Nous allons ensuite professionnaliser la filière par des aides à la formation des dirigeants, des bénévoles et des salariés, sur les thématiques qui sont apparues prioritaires : gestion, finances, juridique... Enfin, il est nécessaire de faire un effort important sur l’accompagnement et le conseil au développement d’activités pour aboutir, à terme, à plus de création d’activité. Il s’agit par exemple de renforcer l’ingénierie des structures de l’économie sociale et solidaire, en mettant en place des outils visant à améliorer la gestion de leur structure, à les accompagner pour leur permettre de faire évoluer leur statut juridique et dégager une stratégie de développement économique. Nous voulons identifier les projets ESS susceptibles d’émerger sur le territoire et aider les coopératives d’activité à accueillir de nouveaux coopérateurs. Nous favorisons la création d’un hébergement privilégié pour assurer la période de démarrage des structures de l’ESS notamment par les pépinières d’entreprises. Nous pourrons ainsi faire la preuve que ce type d’économie, plus respectueux de la personne humaine est en mesure de créer de la richesse, de l’emploi et de préfigurer le type d’économie qui permet de faire face à une crise qui perdure.