3 questions à Nicolas Sielanczyk, Vice-Président au développement économique, délégué aux Technologies de l’information et de la communication, délégué à l’économie sociale et solidaire à la CAPI

mercredi 23 juin 2010.

-  Quel est l’intérêt pour la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère de développer l’économie sociale et solidaire sur son territoire ?

En premier lieu, je dirais qu’il y a une cohésion de valeurs entre ce que porte l’économie sociale et solidaire et le projet de développement que sont en train de construire les élus de la CAPI. La solidarité, le vivre ensemble et la responsabilité sociétale des acteurs économiques sont des principes inscrits dans le plan de mandat de la CAPI et sont mobilisés pour accompagner "le passage de la ville nouvelle à la ville durable". L’ESS est ainsi identifiée comme incontournable pour accompagner les mutations que connait aujourd’hui la CAPI. Je prendrais 4 exemples : Du point de vue démographique, on sait que la part des séniors dans la population tend inéluctablement à se renforcer, générant des besoins en services croissants pour gérer la dépendance plus ou moins importante de cette population. L’ESS apporte des solutions collectives, centrées sur le bien-être et la qualité du service rendu à la population plutôt que sur les profits que peut générer le secteur émergent des services à la personne. De l’autre coté de la pyramide des âges, on prévoit également que la part des jeunes sur la CAPI restera une des plus importantes du département de l’Isère. La jeunesse, la culture, le sport, sont essentiels à l’épanouissement des jeunes, garantissant l’équilibre social actuel et futur du territoire. Nous comptons beaucoup sur les entreprises de l’ESS pour développer ces secteurs. Par ailleurs, on sent une tendance générale chez les ménages à rechercher une alimentation plus saine et un réel souci de la provenance des produits. La CAPI a cette particularité d’avoir à la fois des zones urbaines denses et des espaces naturels en quantité importante, dont une partie est dédiée à l’agriculture. Valoriser les productions locales, rapprocher le consommateur du producteur, accompagner les agriculteurs vers plus de qualité sont des défis que les entreprises de l’ESS, que ce soient des coopératives agricoles ou des AMAP, peuvent contribuer à relever. Enfin, la crise économique que nous sommes en train de traverser laissera de lourdes séquelles surtout sur le bassin économique de la CAPI, historiquement très industriel. Nous ne devons pas nous contenter de panser les plaies aujourd’hui mais nous devons également penser un autre développement économique peut-être plus centré sur l’humain et plus en lien avec les besoins du territoire, ce que l’ESS met en avant au travers des outils de reprise de l’entreprise par les salariés, les statuts de SCOP ou encore la mutualisation de certains services.

-  Comment s’est effectué le rapprochement avec la CRESS RA ?

Il s’est fait de manière très simple. Lorsque Denis Colongo nous a contactés pour nous parler de l’ESS, notre intérêt a été immédiat. Plusieurs discussions nous ont permis de comprendre l’ESS comme une réelle opportunité pour développer l’emploi, avec des valeurs plus humaines et générer davantage de bien-être pour la population. La nécessité de nous en saisir nous est rapidement apparue et la CRESS est un partenaire incontournable.

-  Quels sont les prochains chantiers de la CAPI concernant l’ESS ?

L’étape de diagnostic est maintenant terminée. Ce travail réalisé par la CRESS était essentiel pour connaître le tissu local de l’ESS. Un groupe ressource composé d’une quinzaine d’entreprises s’est réuni à l’occasion de trois ateliers pour faire émerger des pistes de réflexions qui viendront nourrir les élus dans l’élaboration d’un plan d’actions dédié au secteur. C’est le chantier qui nous attend pour le reste de l’année ; nous souhaiterions pouvoir en dévoiler la contenance lors du mois de l’économie sociale et solidaire pour lequel la CAPI et ses nouveaux partenaires seront très actifs.